Réélu au premier tour en mars 2026, Ali Rabeh, 41 ans, dirige Trappes depuis 2021. Ce vendredi 23 octobre, le maire s’est exprimé sur franceinfo et France Inter après la fusillade qui a touché sa ville et La Verrière.
Une enfance à Poissy dans une famille d’origine marocaine
Un père venu d’El Jadida, ouvrier chez Chrysler puis Peugeot
Ali Rabeh est né le 17 décembre 1984 à Poissy, dans les Yvelines, de parents marocains, et possède les nationalités française et marocaine. Son père, originaire d’El Jadida, a travaillé dans les usines Chrysler puis Peugeot de Poissy. Sa mère était femme au foyer. Avec ses cinq frères, il a reçu une éducation qu’il qualifie de “rugueuse” : “Mes parents n’allaient pas à la médiathèque, ne chantaient pas avec leurs enfants…”, confie-t-il au Monde.
Le déclic du 21 avril 2002
À 17 ans, il manifeste à Paris contre la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle. Il rejoint ensuite l’UNEF, puis le Parti socialiste, où il rencontre Benoît Hamon, qu’il présente comme son “mentor”. Titulaire en 2012 d’un master en carrières publiques et métiers du politique à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, il intègre Génération.s dès sa création, en 2017.
Une épouse et une fille loin des caméras
Ce que le maire a dit de sa femme
Ali Rabeh est marié, mais son épouse n’est pas une personnalité publique et son nom n’est pas public. Le seul élément qu’il a donné lui-même date du 2 février 2022. Face à Jordan Bardella, il lance : “Je suis marié à une femme d’origine bretonne”, qui “s’apprête à donner naissance à une jeune fille dans quelques mois”, déclare-t-il sur le plateau de Touche pas à mon poste.
Une fille née en 2022 et une politique municipale revue
Le couple a une fille, née en 2022. Dans un entretien au Monde publié le 7 janvier 2024 sous le titre “Je n’arrive pas assez à concilier ma vie d’élu et de père”, le maire affirme : “Être maire, c’est formidable, et être père, c’est encore mieux.” Il y admet aussi que la paternité a bousculé son action locale : “Je me suis rendu compte que notre politique d’accueil des jeunes parents n’était pas optimale.”
Maire de Trappes : trois scrutins en six ans
Élu en 2020, annulé en 2021, réélu en 2021
Adjoint à la jeunesse et aux sports de 2014 à 2020 sous Guy Malandain, Ali Rabeh remporte la mairie en juin 2020. En août 2021, le Conseil d’État confirme l’annulation de l’élection : des masques distribués entre les deux tours, avec sa photo, n’avaient pas été intégrés à ses comptes de campagne. Il est réélu dès le premier tour le 10 octobre 2021, avec 58,36 % des voix.
Reconduit en mars 2026 après s’être mis en retrait
Fin janvier 2026, il confie temporairement l’exécutif à sa première adjointe, Sandrine Grandgambe, le temps de la campagne. Le 15 mars 2026, sa liste l’emporte dès le premier tour avec 55,61 % des voix et 31 sièges sur 39, devant celle de Dalale Belhout (24,45 %), pour une participation de 42,10 %. Il a également été co-coordinateur national de Génération.s de février 2024 à août 2025.
Après la fusillade du 23 octobre, un maire en première ligne
Ce que l’on sait des faits
Vendredi 23 octobre 2026, un homme de 39 ans a tiré dans les rues de Trappes et de La Verrière. Une personne est morte et plusieurs sont blessées, dont une fillette de 12 ans. Le Parquet national antiterroriste s’est saisi et a ouvert une enquête notamment pour “assassinat en relation avec une entreprise terroriste”. Le suspect est en garde à vue et ses motivations n’ont pas été établies à ce stade.
Les mots d’Ali Rabeh
“L’émotion est immense dans nos villes”, réagit l’élu sur France Inter, où il reconnaît aussi que “la peur est présente”. “Le feu couvait”, ajoute-t-il sur franceinfo, tout en demandant que “la vérité soit dite très rapidement sur les motivations de cet auteur”. Il rend hommage aux forces de l’ordre qui ont interpellé le suspect et annonce l’ouverture, à 14 h, d’une cellule psychologique à l’hôtel de ville.