Mahaut Drama, née le 11 novembre 1994, est issue d’une famille bourgeoise parisienne où sa mère architecte côtoie un père aux convictions anarchistes. Cette configuration familiale atypique a profondément marqué l’humoriste qui évoque régulièrement ses origines dans son livre autobiographique “Que jeunesse se passe” et ses spectacles. L’artiste révèle comment après le divorce de ses parents, Mahaut gère les huissiers et les phases ascendantes et descendantes de son paternel, témoignant d’une enfance marquée par l’instabilité familiale.
L’héritage familial contrasté de Mahaut Drama
Une mère architecte aux valeurs de droite
Mahaut di Sciullo a grandi à Paris, fille de parents « hyperpolitisés et aux opinions opposées », son père étant anarchiste et sa mère d’extrême droite. Architecte, sa mère incarne une culture bourgeoise parisienne particulière. Cette mère avec qui l’humoriste entretient un lien encore ambivalent, Mahaut la raconte comme un personnage un peu fantasque aux valeurs de droite – elle est élue d’opposition d’une grande ville.
La relation mère-fille s’avère complexe, notamment concernant les ambitions artistiques de Mahaut. Mahaut s’accroche à ses ambitions malgré le conseil de sa mère : « Si tu veux être actrice, quitte la maison.» Cet antagonisme familial révèle les conflits entre conformisme bourgeois et aspirations artistiques.
Un père bohème et bipolaire
Le contraste familial se manifeste particulièrement avec son père, figure bohème du milieu parisien. Ajoutez à ce terreau un père bohème, qui évolue dans sa jeunesse dans le milieu des radios libres et a plus tard été diagnostiqué bipolaire, vous comprendrez d’où lui vient ce goût de la démesure, du panache et du drama.
Cette situation génère des responsabilités précoces pour la jeune Mahaut. Celle qui a parfois dû prendre soin de son père aux prises avec la maladie dans un renversement des rôles s’est longtemps inquiétée pour sa propre santé mentale. L’humoriste évoque ces difficultés dans ses spectacles, transformant la souffrance en matériau artistique.
L’influence politique parentale sur l’engagement de Mahaut
Des convictions politiques diamétralement opposées
J’ai toujours été fasciné par la politique. Elle a une aura qui m’attire, comme tout autre lieu d’autorité. Ma famille est assez active politiquement. D’après la bande dessinée, mon père est anarchiste et ma mère plutôt à droite. Sa vision politique complexe a été façonnée par cette structure familiale atypique.
J’ai été contraint de devenir centriste à 18 ans, un âge assez révolutionnaire ! J’ai aussi frappé à la porte du Parti radical Valois. Sa capacité à tracer sa propre voie se manifeste par sa quête d’équilibre entre les extrêmes de ses parents.
L’impact du divorce sur la dynamique familiale
Le divorce parental représente un tournant majeur dans la vie de Mahaut Drama. Mahaut a observé les périodes de montée et de descente des huissiers et de son père après le divorce de ses parents. Cette responsabilisation précoce influence profondément sa personnalité et son rapport à l’autorité.
Lorsqu’elle fait hospitaliser le paternel en 2020, elle consulte une psychologue à qui elle demande si elle aussi est bipolaire. Cette inquiétude révèle l’impact psychologique des troubles familiaux sur son développement personnel.
La transformation de l’héritage familial en art
L’humour comme échappatoire familiale
Mes deux parents sont nés à Paris mais je suis un peu métisse parce que ma mère vient du 6e et mon père du 11e, donc autant te dire qu’on est sur des milieux sociaux extrêmement différents, ironise-t-elle. Cette capacité à transformer les contradictions familiales en humour devient sa signature artistique.
L’instabilité familiale nourrit directement son travail créatif. Dans son livre “Que jeunesse se passe”, elle évoque sans filtre les difficultés parentales, Mahaut Drama nous conte sa vie depuis l’enfance sans rien omettre de ses frasques ou celles de ses parents.
L’émancipation par la création
« Tordre la matière est un réflexe naturel pour cette travailleuse manuelle. » On peut lire dans le récit très personnel qu’elle a récemment coécrit avec Robert Laffont, Que jeunesse se passe, que « le support importe peu, pourvu que l’émotion soit palpable. » Cette phrase résume parfaitement comment elle transforme l’héritage familial complexe en force créatrice.
Son engagement féministe découle également de cette émancipation familiale. Je suis devenue féministe radicale en trois semaines, après avoir été frappée par le sexisme qui régnait dans ce milieu ! Son désir de s’écarter des modèles parentaux est à l’origine de son extrémisme.